Colloquium d’Informatique de Sorbonne Université
Jacques Pitrat,

Mardi 20 novembre 2018 18h
Amphi 25 Sorbonne Université - Faculté des Sciences

L'IA forte

Jacques Pitrat

Jacques Pitrat est l'un des pionniers français de l'intelligence artificielle symbolique. Polytechnicien, ingénieur militaire des fabrications d'armement depuis 1957, nommé en 1959 adjoint au chef du service des Machines à Calculer du Laboratoire Central de l'Armement, il a obtenu son doctorat d'état en 1966, sur un sujet d'IA autour des démonstrateurs de théorèmes et de méta-théorèmes. Il a travaillé en tant que chercheur CNRS à Paris 6 de 1967 à 2000 et a dirigé 70 thèses sur la thématique de l'IA. Il poursuit sa carrière en tant que chercheur à plein temps en IA sans affiliation. Ses travaux se concentrent autour des systèmes à bases de connaissances, les démonstrateurs de théorèmes, et les méta-connaissances. Il a écrit six livres sur l'IA et a reçu le Special award "Fifty years of Artificial Intelligence" de l'IPMU. Il est également fellow de l'AAAI et de l'ECCAI, et membre d’Honneur de l'AFIA.

Résumé

Nous allons voir d'abord pourquoi l'intelligence humaine n'atteint pas le maximum absolu de l'intelligence. L'IA forte a justement pour but de créer des intelligences supérieures à la nôtre. Il est donc important de considérer les raisons de nos limites et les avantages que les systèmes artificiels ont sur nous. Développer une IA forte est un problème extraordinairement difficile, justement à cause des limites de notre intelligence : pour atteindre ce but, elle fait face à des difficultés qui peuvent la dépasser. Aussi, nous avons besoin d'aide et l'IA peut justement nous l'apporter : il s'agit de bootstrapper l'IA, c'est à dire de se faire aider par ce que l'on a déjà réalisé. Nous examinerons comment cela peut se faire pratiquement ainsi que quelques-unes des difficultés que nous allons rencontrer. Malheureusement, un minimum d'intelligence est quand même nécessaire pour réussir un tel bootstrap. Il n'est pas sûr que nous atteignons ce minimum. Dans ce cas, nous n'arriverons jamais au but final, la singularité, où l'IA se développerait toute seule ; toutefois, nous pourrons quand même aller bien plus loin que ce que permettra l'IA faible. Par contre, si nous atteignons la singularité, les conséquences dépasseront tout ce que nous pouvons imaginer.

Autres informations

Contact: Marie-Jeanne Lesot

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