Les réseaux de transport (routiers, maritimes...) partagent une structure commune : des nœuds reliés par des arêtes, dont la topologie détermine comment les flux circulent ou sont interrompus. La disponibilité de données à grande échelle permet désormais une étude précise du trafic sur ces infrastructures, via la science des réseaux et le traitement du signal sur graphes, mais la dynamique des perturbations reste mal comprise. Cette thèse porte sur les perturbations affectant ces réseaux, notamment celles causées par les mouvements sociaux, sujet largement étudié en sciences sociales et politiques mais rarement quantifié en science des réseaux. Plutôt que de modéliser les mouvements eux-mêmes, nous étudions leur impact sur les réseaux qu'ils perturbent. Nous introduisons un formalisme transformant des données de mobilité en graphes temporels, puis un cadre fondé sur la différentiation et le clustering pour caractériser finement l'étendue temporelle et structurelle des perturbations.